· Or l’évolution de cette descente aux enfers est stoppée dès l’arrêt du tabac. Il n’est jamais trop tard…
· Le tabac se montre particulièrement nocif sur une muqueuse fragilisée, notamment en cas d’allergie respiratoire. Chez le fumeur, l’asthme est plus sévère, plus résistant aux traitements.
· Enfin, le tabac est le principal facteur de risque des cancers des voies respiratoires.
1. Cancer des bronches
Alors que le taux des autres cancers s’est stabilisé ou a diminué, le taux des cancers bronchiques est passé de 2 à 50 depuis 1930.
Le risque est multiplié par 25 pour un homme qui consomme un paquet de cigarettes par jour.
Le gros fumeur a un risque multiplié par 50 par rapport au non-fumeur.
Il apparaît de plus en plus tôt chez des sujets ayant commencé à fumer dès l’âge scolaire.
Il concerne de plus en plus de femmes, dont le taux de cancer des bronches rattrape celui des hommes. Il devient le 2ème cancer de la femme par sa fréquence.
Signalons dès maintenant le risque accru de ce cancer chez le conjoint du gros fumeur, par tabagisme passif.
2. Cancers des voies aérodigestives supérieures
Ces cancers sont liés au rôle quasi exclusif du tabac et de l’alcool. L’association de l’un et l’autre (alcool-tabagisme) multiplie par 3 le risque de chacun d’eux :
Le cancer des lèvres du fumeur de mégot,
Le cancer de la langue du tabac à chiquer ou à priser,
Le cancer du pharynx (surtout l’alcool)
Le cancer du larynx (surtout le tabac)
Que de souffrances et de morts prématurées pourraient être évitées par l’éviction du tabac !
3. Cancer de la vessie
Le risque est multiplié par 2 chez le fumeur.
Il y a corrélation statistique avec la durée de consommation des cigarettes.
4. Cancer du col utérin
Le tabac multiplie par 3,6 le risque d’anomalies précancéreuses du col de l’utérus. La majoration de ce risque est proportionnelle à la consommation de cigarettes.
Des taux élevés de nicotine ont été constatés dans le mucus des femmes qui fument.
Certaines substances cancérigènes qui passent dans le sang sont excrétées au niveau du col de l’utérus.
1. Artérite des membres inférieurs
Le tabac est responsable, en France, de 90% des artérites survenant avant l’âge de 65 ans.
L’évolution se déroule en 3 degrés d’aggravation :
· d’abord des crampes et des douleurs à la marche, limitant le périmètre de marche.
· Puis des douleurs survenant en position couchée (douleurs dites de décubitus).
· Enfin gangrène conduisant à l’amputation
Ne pas fumer est la meilleure prévention de l’artérite
Cesser de fumer est l’impératif de base du traitement de l’artérite :
« plus jamais une bouffée »
L’arrêt du tabac est le seul moyen d’en ralentir ou d’en stopper l’évolution.
Le vieillissement des artères du fumeur est accéléré en moyenne d’environ 10 ans.
2. Coronarite : angine de poitrine – Infarctus du myocarde
· Le tabac en constitue l’un des principaux facteurs de risque.
Il est responsable d’un grand nombre de morts par infarctus, qui sont souvent des morts prématurées, frappant des hommes dans la force de l’âge.
· Chez la femme, le risque d’infarctus est multiplié par 34 chez la fumeuse prenant des contraceptifs (pilule).
3. Hypertension artérielle
· Le tabac est la cause majeure de l’hypertension artérielle du sujet jeune.
· Il accroît le risque d’hypertension artérielle résistante au traitement et d’hypertension artérielle par athérome de l’artère rénale.
· La cigarette déclenche une poussée paroxystique d’hypertension artérielle, phénomène constant et reproductible.
4. Accidents vasculaires cérébraux
Le tabac est un facteur de risque aussi important que l’hypertension artérielle.
Le risque est multiplié par 3 en moyenne
2,5 à 6 selon le nombre de cigarettes fumées.
Ce risque concerne aussi des hommes et des femmes jeunes.
Il disparaît après 2 ans de cessation du tabac.
5. Tabac et impuissance
La cigarette augmente de 37% la fréquence des impuissances d’origine organique.
En association avec d’autres causes (diabète, hypertension artérielle, hyperlipidémies), elle augmente ce risque de 96%.
La cigarette agit par un triple mécanisme :
· Resserrement des petites artérioles empêchant le remplissage de la verge. (Le débit artériel est normalement multiplié par 10 au moment de l’érection).
· Difficulté de remplissage des corps caverneux par atteinte des muscles lisses.
· Athéromes des artères terminales de la verge.
Les troubles de l’érection provoquées par ces différentes lésions peuvent apparaître dès l’âge de 25 ans.
Ils peuvent précéder, ou constituer l’une des premières manifestations de lésions artérielles plus graves dans d’autres secteurs :
2 ans avant - un infarctus du myocarde chez 28% des fumeurs
- une artérite des membres inférieurs chez 56% des fumeurs
Les troubles de la fonction érectile se manifestent :
- à partir de 25% de rétrécissement des artères pour la verge
- à partir de 60% de rétrécissement des artères pour le cœur
- à partir de 90% de rétrécissement des artères pour le cerveau.
L’arrêt du tabac …
- suffit à lui seul à améliorer l’érection en cas d’atteinte artérielle modérée
- est indispensable à l’efficacité des traitements en cas d’atteinte artérielle importante
- peut prévenir la survenue de complications plus redoutables, cardiaques ou cérébrales.
Une bonne fonction érectile après 50 ans est liée à l’absence de facteurs de risque artériels, et notamment à l’absence de toute consommation de tabac.
1. Le tabac est l’ennemi de la bouche, des gencives et des dents
· Il provoque des gingivites inflammatoires favorisant l’infection et entraînant une haleine fétide caractéristique.
· Il favorise les caries, notamment la diminution des sécrétions salivaires.
· Les dents imprégnées de produits tabagiques sont jaunies, leurs racines dénudées.
· Le tabac provoque des plaques de leucoplasie de la bouche et du pharynx, qui font le lit du cancer et sont à l’origine de 6 à 7% des tumeurs malignes.
Ce risque est aggravé par la conjugaison d’autres facteurs, en particulier l’alcool et la mauvaise hygiène.
Les plaques de leucoplasie se localisent surtout sur la langue, les gencives et les lèvres, mais elles peuvent aussi atteindre le voile du palais, le plancher de la bouche et le pharynx.
2. La cigarette est un facteur de risque et de gravité pour l’ulcère gastroduodénal.
Elle est un facteur de résistance aux traitements actifs, alors qu’on observe 100% de guérison chez les non-fumeurs.
Elle favorise la récidive et est responsable de la plupart des perforations d’ulcère.
Il faut conseiller aux ulcéreux l’arrêt total et définitif du tabac.
· L’augmentation du nombre des leucocytes (globules blancs) au-delà de 10 à 12 000 par mm3 est un témoin de l’inhalation de la fumée.
Elle doit faire rechercher, d’abord et avant tout, une intoxication tabagique.
L’augmentation croît avec le degré de l’intoxication et porte surtout sur les polynucléaires neutrophiles.
· L’augmentation du nombre des globules rouges (hématies) traduit une baisse de l’oxygénation du sang, avec un taux d’oxyde de carbone plus élevé.
· Il existe chez les fumeurs une diminution significative des taux d’immunoglobulines qui assurent la défense de l’organisme contre les infections. Il en résulte une diminution des défenses anti-infectieuses vis à vis des bactéries et des virus, notamment au niveau des voies respiratoires et digestives.
Leur taux redevient normal après un an d’arrêt de tabac.
· Il existe aussi chez le fumeur un abaissement significatif du taux des hormones thyroïdiennes, contribuant à l’altération des paramètres lipidiques et athérome artériel.
5% des accidents de la route sont imputables au tabac
Ce risque est lié à 4 facteurs principaux :
1. L’accélération du rythme cardiaque et la poussée d’hypertension artérielle provoquée par chaque bouffée de cigarette.
2. Le rétrécissement du champ visuel provoqué par la fumée du tabac, majoré par l’écran de fumée qui en résulte.
3. L’intoxication par l’oxyde de carbone dégagé par la combustion du tabac,provoque maux de tête et fatigue, mais surtout une somnolence accrue au volant.
4. La diminution de l’attention au volant :
Il y a confrontation de 2 automatismes,
- ceux de la conduite
- ceux du tabac : allumer une cigarette, jeter les cendres et se débattre contre les braises, mouvements main-bouche provoqués par la cigarette.
Autant de gestes qui égarent l’attention et rendent les réflexes moins opérants en cas de danger.
Fumer ou conduire, il faut choisir.
- sont majorés au cours de l’effort
- nuisent gravement aux performances
- comportent un risque sérieux d’accidents vasculaires graves : mort subite, infarctus du myocarde
Par l’action conjuguée des substances inhalées :
· Nicotine : accélération du coeur
poussée d’hypertension artérielle
vasoconstriction artériolaire
· Oxyde de carbone : mauvaise oxygénation du sang
· Substances irritantes :
- sécrétions accrues de mucus
- inflammation des muqueuses
- ralentissements des mouvements ciliaires entraînant encombrement des bronches.
Il faut insister sur les dangers de la cigarette après effort, qui comporte un risque accru d’accidents coronariens (infarctus du myocarde).
En montagne, le tabac aggrave la baisse de l’oxygénation provoquée par l’altitude, et accroît la sensibilité au froid, par vasoconstriction.
· Le tabagisme est aussi un risque pour l’entourage.
· La fumée exhalée par le fumeur crée un courant secondaire qui se propage dans l’air ambiant.
· Les lieux privilégiés de cette inhalation passive sont les atmosphères confinées.
· Le fumeur passif inhale environ le quart de la fumée produite : 20 cigarettes fumées équivalent alors à la fumée de 5 cigarettes inhalées par l’entourage.
Les 3 lieux d’élection du tabagisme passif :
- le domicile, lieu clos où les personnes vivent en contact
- la voiture et les transports
- les lieux de travail
Les 3 cibles privilégiées du tabagisme passif :
1. Le fœtus : - le tabac traverse la barrière placentaire et entrave le développement de l’embryon,
- le tabac passe dans le lait
Il en résulte :
- un surmenage du cœur fœtal pendant 20 minutes après chaque bouffée de cigarette,
- un retard psychomoteur moyen de 4 mois et une lenteur plus grande de l’apprentissage,
- un taux de mort subite accru,
- un enfant chétif {de poids insuffisant,
{de fragilité accrue aux infections.
2. L’enfant : surtout avant l’âge de la marche et jusqu’à 3 ans.
Le tabac est le facteur le plus nocif de l’environnement des jeunes enfants.
Il agresse un appareil respiratoire en plein développement : le nombre des alvéoles passe de 24 millions à la naissance à 300 millions à l’âge de 8 ans.
Il en résulte otites répétées et traînantes, toux rebelles, bronchites et laryngites.
La nocivité du tabac est accrue pour les enfants asthmatiques.
Les troubles liés au tabagisme familial se manifestent électivement :
- après les réunions familiales hypertabagiques,
- après les trajets en voitures enfumées.
C’est le syndrome du lundi matin.
Le tabagisme des parents est une arme dirigée contre l’enfant.
3. L’adulte fragile est la 3ème cible du tabagisme passif.
Notamment ceux qui souffrent de coronarite avec le risque d’aggravation de l’angine de poitrine.
Ceux qui souffrent d’asthme, avec risque de passage à l’état de mal asthmatique.
Le risque de cancer est accru chez le conjoint du fumeur :
- le cancer du poumon est 3 fois plus fréquent
- le cancer de l’utérus est 2 fois plus fréquent.
Le tabagisme féminin est particulièrement inquiétant pour 3 raisons :
1. La progression spectaculaire du tabagisme féminin.
Le pourcentage des fumeurs a tendance à diminuer chez les hommes, à se maintenir chez les femmes, mais il augmente chez les jeunes femmes.
« La femme qui fume comme un homme meurt comme un homme. »
Il en résulte une progression spectaculaire des cancers tabagiques de la femme :
- le cancer bronchopulmonaire est devenu le 2ème cancer de la femme par sa fréquence.
- Le tabac augmente la fréquence du cancer de l’utérus et du cancer du sein
- Le cancer des voies aériennes supérieures est en progression chez la femme.
2. Le risque vasculaire du tabagisme est multiplié par la pilule :
- Le risque d’infarctus du myocarde est multiplié par 10 avant 40 ans, et multiplié par 40 après 40 ans.
- Les artérites sévères et les accidents vasculaires cérébraux sont en augmentation chez la femme du fait du tabac.
3. Le tabac représente un danger majeur pour le fœtus au cours de la grossesse…
…avec un risque accru d’avortement spontané, d’hématome rétroplacentaire, de grossesse extra utérine, de mort subite du nourrisson.
« Quand la femme enceinte fume, son enfant fume aussi. »
Le tabagisme réduit la fertilité de la femme et avance l’âge de la ménopause.
« Quand sur une personne on prétend se régler